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Aujourd’hui, c’est consultation prénatale à Kitokimosi

Santé
République démocratique du Congo
La prévention des handicaps chez la maman et son bébé passe –entre autres – par un meilleur suivi de la grossesse des femmes enceintes. Handicap International travaille avec ses partenaires pour que les futures mamans participent régulièrement aux consultations prénatales.
Maman Nzuzi en pleine explication devan les futures mamans

La prévention des handicaps chez la maman et son bébé passe –entre autres – par un meilleur suivi de la grossesse des femmes enceintes. Handicap International travaille avec ses partenaires pour que les futures mamans participent régulièrement aux consultations prénatales.

Un mercredi matin au centre de santé de Kitokimosi, dans la commune de Selembao. Des futures mamans sont assises sur des bancs alignés devant le porche. Un groupe de femmes en tenue médicale leur fait face. Des salles, pas très grandes, accueillent plusieurs lits. Deux sont réservées aux hospitalisations, deux autres  constituent le service de maternité.

Chaque mois, ce centre de santé accueille pas moins de 130 à 150 futures mamans en consultation prénatale et procède à une moyenne de 65 à 75 accouchements. Handicap International a appuyé le centre de Kitokimosi en lui fournissant du matériel pour réaliser les accouchements et les césariennes, deux tables de gynécologie, en réhabilitant une partie de la construction. L’organisation a aussi formé le personnel du centre – au total 40 personnes – à la détection des  causes de handicaps chez la maman et le bébé, ainsi que la détection précoce des handicaps.  Ces formations ont aussi permis de corriger certaines pratiques, comme tirer sur le bras du bébé qui n’arrive pas à sortir. « Cela causait énormément de lésions du plexus brachial et donc de paralysies du bras. Aujourd’hui, nous procédons autrement » explique le Dr Tao, médecin-directeur du centre.  Autrement, c’est notamment pouvoir pratiquer des césariennes quand cela s’avère nécessaire.

Sensibiliser… mais surtout dialoguer

Les messages de prévention sont aussi communiqués aux mamans. Et aujourd’hui, jour de consultation prénatale, c’est maman Nzuzi, l’une des infirmières accoucheuses, qui a pour mission de les informer des signes d’alerte et de la conduite à tenir. Un « Mbote » (bonjour en lingala) retentissant pour attirer l’attention de la petite vingtaine de dames présentes. « Est-ce que vous êtes enceintes ? » Les femmes rient et répondent « Oui, oui, bien sûr que nous sommes enceintes ! »
- Ah bon, à quoi voyez-vous cela ?
- A mon gros ventre, rétorque une dame assise au premier rang.

Le contact est vite établi et Maman Nzuzi poursuit sur sa lancée. Pour elle, pas question de débiter un discours bien rôdé. Elle interpelle sans cesse les mamans, leur pose des questions : « Selon vous, quels sont les signes qui peuvent vous alerter que quelque chose ne va pas ? » Les femmes répondent, l’infirmière complète et enrichit l’information. Elle explique pourquoi c’est important, que certains problèmes peuvent menacer leur santé ou celle de l’enfant, voire même entraîner leur mort. Maman Nzuzi les encourage vivement à venir au centre pour les visites de suivi, au moindre signe suspect.

L’infirmière accoucheuse aborde aussi des conseils d’ordre plus général : ne pas porter des charges trop lourdes, ne pas fumer, prendre du tabac ou boire de l’alcool. Les autres mamans se moquent gentiment de l’une d’entre elles qui a reconnu apprécier sa bière quotidienne. Nzuzi ne rate pas l’occasion. « Ah maman, tu bois de la Primus ? Combien tu bois de verres par jour ?»
Elle termine la séance en abordant la question du VIH/sida, pas anodine dans un pays où le nombre de personnes touchées par le virus ne cesse d’augmenter. Toutes les futures mamans doivent subir un test. Si elles sont contaminées, elles recevront des antirétroviraux au moment de l’accouchement, pour éviter la transmission du virus à leur bébé. La séance se termine par une chanson abordant la prévention du sida. « Pas touche le bas » chantent-elles en lingala. Ensuite, les sages-femmes contrôleront le poids des futures mamans, leur tension ou encore les battements de cœur du bébé. Elles pourront signaler si elles ont un petit souci. Puis elles rentreront chez elles. Certaines reviendront bientôt, très bientôt même. Cette fois, pour accoucher.

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