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Petite mais costaude…

Réadaptation Santé
Liban Syrie
Que se passe-t-il dans la tête d’une petite fille amputée ? A première vue, pas de problème pour Sydra : elle court et joue désormais de nouveau, grâce à sa prothèse. Mais les choses sont moins faciles qu’il n’y paraît… Portrait d’une petite fille qui attend de voir sa jambe repousser.
Een kinesist van Handicap International helpt Sydra met haar prothese

Que se passe-t-il dans la tête d’une petite fille amputée ? A première vue, pas de problème pour Sydra : elle court et joue désormais de nouveau, grâce à sa prothèse. Mais les choses sont moins faciles qu’il n’y paraît… Portrait d’une petite fille qui attend de voir sa jambe repousser.


A Douma en Syrie, Sydra vivait la vie qui devrait être celle de chaque enfant. Entre son frère et sa sœur, son papa syrien et sa maman libanaise, les jours s’écoulaient paisiblement. La guerre a pourtant brutalement bousculé ce tableau, poussant la famille sur les routes de l’exil, début 2012. Ils prennent alors la direction la vallée de la Bekaa au Liban, où ils disposent d’un appartement.


« Ce n’est qu’une parenthèse de quelques semaines », pensent-ils d’abord. Mais comme les autres réfugiés, ils finissent par admettre la réalité : le conflit s’enlise et va durer. La vie s’adapte tant bien que mal à cette nouvelle donne : le père de Sydra cherche un emploi, Sydra et son grand frère retournent à l’école, la famille vit de ses économies et gère prudemment son budget.

Le choc

 

Un nouveau drame va pourtant détruire cet équilibre fragile. En juillet 2013, Sydra et son frère se rendent à pied au marché quand une voiture les fauche. Malgré les soins reçus rapidement à l’hôpital, le garçon décèdera de ses blessures après une semaine de lutte. Sydra s’en sort mieux… mais doit la vie à l’amputation d’une partie de sa jambe gauche et à des greffes de peau.


« Sydra était extrêmement traumatisée, se rappelle sa maman. Elle appelait sans cesse son frère qui était couché dans le lit d’à côté. Les médecins ont dû lui donner beaucoup de tranquillisants pour qu’elle s’apaise un peu ». Par pudeur, la mère tait sa propre douleur. Elle raconte ensuite comment elle a dû apprendre à sa fille à faire le deuil de son frère disparu. « Un jour, j’ai emmené Sydra au cimetière pour qu’elle voit sa tombe. Depuis, nous y allons régulièrement. Je ne sais pas si Sydra accepte la situation, mais elle est plus calme. Elle pense maintenant que son frère l’attend quelque part au paradis ».

Premiers pas

 

Grâce à un réseau d’informateurs bénévoles, l’équipe d’Handicap International est informée des difficultés de Sydra en janvier. Les choses s’enchaînent alors : une première rencontre, des séances de rééducation, des mesures… et début mars, Sydra peut faire quelques premiers pas hésitants sur sa prothèse.


Bientôt, Sydra court, joue, danse et chante avec ses cousines syriennes et ses amies libanaises. Son insouciance d’enfant semble reprendre le dessus. Sur ses blessures physiques, Sydra ne s’exprime pas. Une simple frustration : « ne pas courir aussi vite que les autres ».


Mais l’équipe de Handicap International prête beaucoup d’attention à son ressenti et à ce qu’elle exprime à propos de sa prothèse. En effet, depuis quelque temps, Sydra évoque l’idée que « sa jambe va repousser et qu’elle pourra se passer de sa prothèse ».


Un soutien psychosocial sera nécessaire pour accepter la dure réalité. Handicap International s’y emploie actuellement, avec d’autant plus d’énergie que les ennuis ne sont pas finis : Sydra doit à nouveau subir une intervention chirurgicale dans les jours qui viennent. Elle a grandi et le moignon de sa jambe doit être ajusté. Deux semaines d’immobilisation seront alors nécessaires avant de pouvoir recommencer des exercices de rééducation, et retrouver peu à peu ses jeux d’enfants.

 

 

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