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Reportage : psychologie dans la cuisine

Réadaptation
Haïti
La maman de Rose Marie est venue au centre communautaire pour voir comment il est possible que sa fille, qui a eu un accident vasculaire cérébral (AVC) et qui bouge très difficilement, a réussi à apprendre à faire la cuisine. Là, au centre, elle voit que ce n’est pas un miracle, mais le résultat des ateliers pratiques organisés par Handicap International. « Le processus de réadaptation est dur et peut être déprimant », dit Marjorie, ergothérapeute. «Si ça se fait en groupe et dans un contexte quotidien, les gens sont plus motivés et les résultats sont parfois extraordinaires. »
travail en cuisine, des serre-joints stabilisent une casserole

La maman de Rose Marie est venue au centre communautaire pour voir comment il est possible que sa fille, qui a eu un accident vasculaire cérébral (AVC) et qui bouge très difficilement, a réussi à apprendre à faire la cuisine. Là, au centre, elle voit que ce n’est pas un miracle, mais le résultat des ateliers pratiques organisés par Handicap International. « Le processus de réadaptation est dur et peut être déprimant », dit Marjorie, ergothérapeute. «Si ça se fait en groupe et dans un contexte quotidien, les gens sont plus motivés et les résultats sont parfois extraordinaires. »

Lundi matin, 9 heures. Il y a déjà beaucoup d’activité au centre communautaire Sant Kore Lavi à Carrefour, une commune peuplée dans l’arrondissement de Port-au-Prince. Devant le bâtiment, dans la petite cour, des femmes handicapées apprennent la couture. A l’intérieur des personnes en situation de handicap et leurs accompagnants attendent les travailleurs de Handicap International. Hommes, femmes, jeunes, vieux, ils se sont inscrits pour une session de soutien psychosocial et un atelier cuisine. Les personnes, qui ne se connaissent pas, sont un peu anxieuses.

Mais l’ambiance change dès que l’équipe de Handicap International arrive. Marjorie (ergothérapeute), Naama (agent psychosocial) et Eslyne (stagiaire de la formation aide-kiné organisée par Handicap International) invitent tout le monde à s’installer dans un cercle et à se présenter. Petit à petit, les participants gagnent un peu de confiance et commencent à parler de leur situation et des problèmes quotidiens qu’ils rencontrent.

Faciliter l'acceptation  du handicap

« Ces personnes ont été identifiées par nos équipes qui se rendent dans les communautés pour encourager les personnes handicapées et leur famille de venir au centre », dit Marie Guerda, directrice du centre Sant Kore Lavi. « Ici les personnes peuvent trouver un accompagnement psychosocial, ce qui est très important. » Marjorie, l’ergothérapeute de Handicap International qui mène la session, confirme. « Beaucoup de personnes handicapées ont du mal à accepter leur handicap. C’est la raison pour laquelle on invite toujours des bénévoles aux sessions ; ce sont des personnes qui ont surmonté leur handicap et qui ont envie d’encourager d’autres personnes. »

Après la conversation en groupe, Marjorie donne encore quelques conseils de santé. « Il est important que les personnes handicapées prennent soin d’elles-mêmes. On donne des conseils sur la nourriture, l’hygiène, la médication, etc… Et on les motive de faire de la réadaptation. Beaucoup de personnes ici ont souffert d’un accident vasculaire cérébral (AVC). S’ils étaient assidus dans la réalisation de leurs exercices, ils seraient capables de faire beaucoup plus. »

« Mais il est vrai que le processus de réadaptation est dur et long et souvent laborieux. Voilà pourquoi il est tellement important de travailler avec des organisations locales et d’organiser des sessions en groupe. Ça soulage et ça motive. »

Cuisine, lessive, nettoyage

Une fois par semaine, l’équipe de Handicap International organise des ateliers pratiques pour des personnes qui ont perdu un bras qui ont du mal à utiliser les mains suite à un AVC par exemple. Elles peuvent apprendre comment faire la cuisine, la lessive, ou comment nettoyer. « Les tâches domestiques, et notamment la cuisine, sont particulièrement importantes pour que les personnes en situation de handicap retrouvent leur autonomie et leur rôle familial et social. C’est plus qu’un truc psychologique pour motiver les participants à faire des exercices de réadaptation. Ils y apprennent vraiment comment couper des légumes.», explique Marjorie.

L’équipe de Handicap International a créé des astuces simples qui facilitent le travail. « Pour peler une pomme, on utilise un étau pour tenir l’épluche-légume. Des chevilles sur une planche évitent que la pomme roule, ce qui permet à une personne qui ne peut utiliser qu’une main de la couper. Ce sont des trucs très simples, mais qui font toute la différence. Si la personne a participé à quelques ateliers, elle reçoit ces astuces pour qu’elle puisse continuer à domicile. »

Pendant l’atelier, il ne reste rien de la timidité du début. Tout le monde s’amuse et certains osent même se moquer de ceux qui n’arrivent pas immédiatement à se débrouiller. Entretemps, les amis et la famille des participants regardent et s’émerveillent. « Il est important d’inviter des membres de la famille pour qu’ils puissent voir les capacités des personnes handicapés qui sont encore souvent sous-estimées », dit Marjorie.
 

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