Crise syrienne : 5 ans de conflit

Depuis cinq ans, la Syrie est déchirée par un conflit interne qui a entraîné une crise humanitaire sans précédent. Les civils sont en effet les premières victimes d'une guerre d'une violence inouïe. L’utilisation des armes explosives explique en  grande partie ce bilan effroyable. Selon un rapport de Handicap International, dans 75 %[1] des cas, ces utilisations se font en zones peuplées.

Nos équipes sur place n’ont jamais observé un tel niveau de destruction : « Je n’ai jamais vu cela, affirme Emmanuel Sauvage, coordinateur régional de l’action contre les mines, basé à Amman en Jordanie. Les destructions provoquées par les bombardements et les combats sont sans commune mesure avec ce que j’ai pu constater  au fil de mes missions humanitaires. Des villes entières sont rasées. Les conséquences physiques et psychologiques du conflit sur la population civile laissent sans voix. Je n’ai jamais eu à faire face à une telle détresse. »

Selon les Nations unies, 13,5 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire. Plus d’un million de personnes sont blessées. Par ailleurs, les 4 millions de réfugiés déjà présents dans les pays limitrophes - Jordanie, Liban, Irak - font peser une pression intenable sur leurs économies et leur population.

Les personnes déplacées et les réfugiés ont besoin d'aide pour les besoins de base, comme la nourriture, un abri et des soins. Les équipes de Handicap International sont présentes en Syrie, au Liban, en Jordanie et au Kurdistan iraquien pour leur offrir cette aide d'urgence et répondre aux besoins spécifiques des plus vulnérables. Nos actions se concentrent sur les personnes handicapées, malades ou âgées, les enfants et les femmes enceintes. 

Pour Handicap International, la protection des civils et l’accès à l’aide humanitaire doivent être au cœur de tout projet de résolution du conflit. La communauté internationale doit redoubler d’efforts pour garantir la protection des civils et assurer l’accès à l’aide humanitaire.

[1] http://www.handicap-international.org/fileadmin/Case-Study-Syria.pdf   

Un petit garçon amputé de la jambe gauche en-dessous du genou est examiné par une kinésithérapeute de Handicap International

Alors qu’il dure depuis cinq ans, le conflit en Syrie a atteint aujourd'hui un niveau de violence inouï dont les populations civiles sont les premières victimes. L’utilisation des armes explosives explique en  grande partie ce bilan effroyable. Dans 75 % des cas, ces utilisations se font en zones peuplées. Le taux de contamination très élevé de restes explosifs de guerre fait craindre un minimum de trente ans d’efforts intensifs pour nettoyer le pays après la fin du conflit.

Un adolescent sans bras gauche, un fixateur externe sur une jambe descend d'un petit escalier d'exercice en bois dans une salle de kinésithérapie. Un kinésithérapeute de Handicap International regarde le garçon.

Handicap International intervient en faveur des réfugiés syriens depuis le début du conflit, voilà six ans, que ce soit dans les camps de réfugiés ou dans les communautés, afin d'offrir un soutien aux personnes touchées par les combats en Syrie. Voici un aperçu de nos actions.

Une rue de Kobané. Tous les batiments alentours sont détruits, une carcasse de voiture couchée sur le flanc, sur des décombres, se trouve à l'avant-plan.

Emmanuel Sauvage, coordinateur régional de Handicap International pour la lutte contre les mines antipersonnel et les restes explosifs en réponse à la crise syrienne, possède une longue expérience. Mais il n'avait jamais vu de destructions aussi massives qu'en Syrie. La présence de restes explosifs de guerre sur le territoire syrien a atteint une telle concentration, en raison de l’intensité des bombardements, que les opérations de dépollution prendront au moins trente ans. Ces opérations sont indispensables pour soustraire les Syriens à ce danger omniprésent. Les explications d'Emmanuel.

Plus de 3/4 de tous les accidents causés par des armes explosives ont lieu dans des zones habitées et causent donc beaucoup de victimes civiles. L'une d'entre elles s'appelle Roqaya. Elle évoque des faits réels. Mais ce qu'elle raconte est proprement bouleversant.  

Photo de groupe d'une équipe de Handicap International dans la petite zone d'accueil du camp.

"Nous disposons d’environ 45 minutes pour identifier les personnes qui ont besoin de notre aide parmi les nouveaux arrivants. Parfois moins. Nous devons aller vite et, surtout, être efficaces. Ces personnes sont épuisées, elles ont tout perdu et n’ont parfois pas dormi depuis plusieurs jours », raconte Mohammed Aqel, kinésithérapeute pour Handicap International.