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Corne d'Afrique : Une attention particulière pour les plus faibles

Réadaptation Urgence
Antoine Larochette, chef de mission urgence pour Handicap International au Kenya sillonne les camps de Dadaab depuis plusieurs semaines. Il a pu constater lui-même que le nombre de réfugiés continue de croitre. Parmi eux, les plus vulnérables ont besoin d’une prise en charge particulière.
Antoine Larochette dans le camp, discutant avec des enfants

Antoine Larochette, chef de mission urgence pour Handicap International au Kenya sillonne les camps de Dadaab depuis plusieurs semaines. Il a pu constater lui-même que le nombre de réfugiés continue de croitre. Parmi eux, les plus vulnérables ont besoin d’une prise en charge particulière.

« J’étais à Ifo, dans un des camps de Dadaab ce jeudi matin, avec une partie de l’équipe d’urgence, explique Antoine Larochette, chef de mission pour Handicap International au Kenya. Les réfugiés continuent à arriver à un rythme très élevé, largement plus d’un millier par jour.

« Ils sont épuisés, ils ont été transportés parfois en bus jusqu’à la frontière, certains ont marché pendant des jours. Ce sont essentiellement des femmes, des enfants et des personnes âgées. Ils reçoivent le minimum vital (notamment de la nourriture) quand ils sont enregistrés, mais compte tenu du manque de place dans les camps qui ont totalement dépassé leurs capacités d’accueil (ils sont prévus pour recevoir 90 000 personnes, ils en accueillent 400 000), les familles sont obligées de s’installer en périphérie, dans des secteurs où la sécurité reste aléatoire, souvent à distance des points d’approvisionnement en eau et en nourriture.

« Alors, imaginez le sort des personnes les plus vulnérables dans ce contexte : la détresse des femmes isolées avec des enfants, le dénuement de personnes handicapées incapables de se déplacer. Quand un point de distribution est à plusieurs kilomètres, elles ne peuvent tout simplement pas accéder à l’aide internationale.

« C’est pour faire face à cette situation que nous avons décidé de renforcer nos effectifs. Une équipe de spécialistes de l’urgence est désormais à pied d’œuvre pour apporter une aide adaptée aux personnes les plus vulnérables.

« La priorité est de leur permettre d’être accueillies dans de bonnes conditions quand elles arrivent à Dadaab, et d’être référencées, identifiées pour que nous puissions leur apporter une aide spécifique, les orienter vers les organisations humanitaires avec lesquelles nous travaillons en coordination, nous assurer qu’elles bénéficieront d’un emplacement où s’installer, à proximité de points de distribution. Nous envisageons aussi, si besoin, de mettre en place une aide au transport qui permettrait aux personnes les plus faibles d’être acheminées vers la zone où elles pourront s’installer durablement. Pour favoriser leurs déplacements, nous allons aussi distribuer des aides à la marche (fauteuils roulants, déambulateurs, béquilles…).

« En parallèle, des équipes mobiles vont se rendre parmi les 80 000 personnes qui sont arrivées dans les semaines précédentes. Notre objectif est d’identifier les personnes les plus vulnérables, les personnes handicapées, et de faire en sorte que les plus faibles aient accès à l’aide humanitaire, qu’ils ne restent pas isolés sous un abri à l’extrémité d’un camp, alors qu’à quelques kilomètres de là, ils pourraient bénéficier du soutien dont ils ont besoin. Dés à présent, nous travaillons avec les autres acteurs de l’humanitaire, pour favoriser l’accessibilité des camps, des zones de distributions, afin que les personnes handicapées puissent en bénéficier.

« C’est une crise de très grande ampleur, mais malgré la situation, il y a une vraie solidarité entre les personnes qui sont réfugiées dans les camps depuis parfois 20 ans, et celles qui arrivent depuis quelques semaines. On a vu des familles qui partageaient leur logement ou le peu qu’elles avaient. Mais cela ne peut suffire compte tenu des besoins. L’un des camps, Ifo, est en train d’être aménagé pour accueillir de nouveaux réfugiés. Mais cela ne sera pas non plus suffisant. Il faudra sans doute plusieurs mois pour parvenir à héberger, installer, les nouveaux réfugiés dans des conditions décentes. C’est pour cela que dés maintenant, nous prévoyons de nous engager sur la durée, auprès des réfugiés ».

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