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HaIti, 3 ans après. Manise, la fierté retrouvée

Insertion
Haïti
Manise est une femme courageuse. Amputée d’un bras suite au séisme, elle a été appareillée par Handicap International. Elle arrive désormais à prendre en charge sa fille de 5 ans et l’envoyer à l’école, grâce au petit commerce qu’elle a pu commencer avec le soutien de l’association...
Manise victime de séimse il y a trois an

Manise est une femme courageuse. Amputée d’un bras suite au séisme, elle a été appareillée par Handicap International. Elle arrive désormais à prendre en charge sa fille de 5 ans et l’envoyer à l’école, grâce au petit commerce qu’elle a pu commencer avec le soutien de l’association...

Le 12 janvier 2010, le tremblement de terre a bouleversé la vie de Manise. « J’étais à la maison quand un mur est tombé sur moi », raconte cette jeune femme de 26 ans. « J’étais gravement blessée et je suis restée trois jours sous les décombres avant quelqu’un me trouve. Je ne savais pas si ma fille et mon mari étaient encore en vie. »

Se reconstruire

Quand elle a été découverte, Manise a été amenée dans un hôpital du pays voisin, Saint-Domingue. Là, les médecins ont amputé son bras. Ses jambes étaient cassées, la clouant au lit, ce qui a engendré des escarres. « Quand mon mari m’a vu, il a pris peur. Il avait aussi perdu un enfant qu’il avait avec une autre femme. Il est parti et je ne l’ai jamais revu. »

Après quelques mois à l’hôpital, Manise est allée vivre chez sa tante dans la campagne haïtienne, avec sa petite fille, Miline. « Et puis un jour, une copine de Port-au-Prince m’a appelée. Elle m’a dit qu’il y avait une organisation, Handicap International, qui venait en aide aux personnes amputées. Donc j’ai confié ma petite à ma famille et je suis allée à la capitale. »

« Au centre d’appareillage de Handicap International, j’ai rencontré beaucoup d’autres femmes qui avaient perdu un bras. Là, des kinésithérapeutes m’ont appris comment vivre avec un bras : comment faire la cuisine, comment soigner un enfant, comment faire le ménage. J’étais droitière et j’ai perdu mon bras droit, donc au début ce n’était facile à m’adapter. Handicap International m’a aussi proposé une prothèse. »

Plus qu'une prothèse

Après cet accompagnement, Manise arrivait à effectuer des activités de la vie quotidienne. Mais elle restait une personne très vulnérable : seule, sans soutien familial, et en situation de handicap. C’est la raison pour laquelle Handicap International l’a associée à son projet insertion économique. Un projet qui vise à aider des personnes handicapées en les accompagnants dans la mise en place d’une activité de revenus (petits commerces par exemple).

Depuis qu’elle gère son petit commerce, Manise arrive à vivre de manière autonome. Elle peut payer un loyer et surtout, sa fille peut maintenant vivre avec elle. « Je suis même capable de payer ses frais scolaires. Ma petite va à l’école », dit-elle très fière. Manise gère bien sa marchandise. Un agent communautaire de Handicap International lui a montré comment elle doit composer son stock, investir et épargner.  L’association lui a procuré un fonds de commerce (en denrées alimentaires : du riz, de l’huile,…).  Grâce à des investissements prudents, elle a pu diversifier ses ventes : des sardines, spaghetti, cornflakes. Manise est devenue une commerçante reconnue dans son quartier de Port-au-Prince.

Le séisme reste présent dans les esprits

« Ça reste très dur et il faut que je fasse attention car les prix alimentaires ont augmentés depuis la sécheresse et les deux ouragans de cette année. Mais je suis courageuse. Heureusement j’ai des voisines qui m’aident et gardent mon ‘shop’ quand je vais chercher mon enfant à l’école. »

L’impact psychologique du tremblement reste là. « Tous les soirs, je revis ces moments où j’étais sous les décombres. Parfois, quand j’attends des bruits, je me cache sous le lit. Pendant la tempête Isaak, j’ai eu très peur. J’habite aussi dans un quartier où la violence est très présente, et parfois on attend des tirs pendant la nuit. Quand ça arrive, je demande à Dieu de nous protéger. »

Elle parle de cette catastrophe qui a bouleversé sa vie : « Ma fille me demande régulièrement où il est, mon bras. Parfois, quand je suis avec des amies, qui tressent mes cheveux ou qui m’aident à faire le ménage, on parle de ce qui nous est arrivé. Souvent, on pleure ensemble. Ma petite me dit : ‘maman, ne pleure pas’.Mais je lui explique que ce n’est pas grave de pleurer et que ça fait du bien. »

Elle montre son album photos. Il y a une Manise avant le tremblement, qui jouait au basket. Il y une Manise après, qui se sent un peu différente. Mais quand elle va à la messe le dimanche, elle s’habille de manière élégante et porte sa prothèse avec beaucoup de fierté. « Pendant ces moments, je suis tout à fait comme les autres. », dit elle.

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