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Mars - Mission d'urgence à Congo-Brazzaville

Urgence
Le 4 mars, des explosions dans un dépôt de munitions font trembler Brazzaville, la capitale de la République du Congo. Handicap International envoie rapidement une équipe pour marquer les zones dangereuses, les dépolluer et informer la population des dangers qu’elle encourt.
image d'un homme devant sa maison détruite

Suite aux explosions dans des dépôts de munitions à Brazzaville dimanche 4 mars, Handicap International envoie une équipe sur place pour répondre à l’urgence. Un expert en dépollution sera chargé de sécuriser la zone dangereuse et de sensibiliser les populations civiles et les équipes qui interviennent sur place aux dangers que représentent les engins non explosés.

La contamination de la capitale congolaise est considérable : des munitions et grenades ont été projetées sur plusieurs kilomètres dans une zone civile densément peuplée. Cet accident tragique montre la nécessité d’intervenir plus largement sur la question des munitions inutilisables conservées dans des dépôts qui ne répondent plus aux critères de sécurité requis pour ce matériel.

Handicap International dépêche une mission d’urgence en République du Congo. Les explosions dans des dépôts de munitions, dimanche, dans un quartier populaire de Brazzaville ont fait 180 morts et 1.340 blessés, a annoncé ce mardi Georges Moyen, le ministre de la Santé congolais. Les dépôts contenaient des armes et des munitions de petit calibre. Un des dépôts est inaccessible à ce jour car le dégagement des gravas nécessite des moyens de levage important. Le deuxième est accessible mais présente une forte pollution par de nombreuses grenades non explosées et très instables. Les bâtiments se sont effondrés sur les munitions. Celles qui n’ont pas explosé ont été projetées sur 360° dans un rayon de 4 à 6 km. Elles jonchent le sol ou sont encore prises dans les gravats, représentant une menace potentielle pour les milliers de civils qui veulent retourner dans les décombres tenter de récupérer le peu de biens épargné par les explosions successives.

Un expert en déminage, Philippe Houliat, se rend à Brazzaville pour Handicap International. Sa mission : marquer les zones dangereuses, identifier les risques liés à la présence de munitions projetées près des habitations et sensibiliser les populations civiles et les équipes qui interviennent directement dans la zone au danger que représentent ces armes. « Il s’agit de montrer les bons réflexes à adopter en présence de tout objet inconnu : ne pas l’approcher ou le toucher, marquer la zone dangereuse et prévenir les autorités ou les équipes de Handicap International sur place. Cette prévention est impérative dans le contexte actuel pour sauver des vies et éviter que le dramatique bilan des victimes ne s’alourdisse dans les semaines à venir » explique Philippe Houliat. En fonction des besoins recensés et de l'engagement des différents acteurs humanitaires, Handicap International pourrait développer dans les semaines à venir des activités de dépollution de la région affectée.

Cette catastrophe n’est malheureusement pas un cas isolé. Dans de nombreux pays en développement, les entrepôts de munitions sont placés au sein des villes, dans des quartiers densément peuplés. Leur état ne respecte pas toujours les conditions de sécurité exigées par les règles internationales. Ces réserves de munitions obsolètes et souvent hors d’usage, deviennent alors un danger potentiel pour la population alentours, mais également pour les travailleurs œuvrant quotidiennement sur les sites. Handicap International bénéficie déjà d’une expertise terrain sur la question, puisque l’association intervient depuis avril 2011 en Mauritanie, dans le cadre d’un projet du « Partenariat pour la Paix », pour accompagner le gouvernement dans la destruction de 11 dépôts de munitions qui ne sont plus conformes aux exigences de sécurité.

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