Accès direct au contenu

Soudan du Sud : Aide d'urgence pour les plus vulnérables

Urgence
Soudan du Sud
Depuis le début de son intervention d’urgence au Soudan du Sud en août 2012, Handicap International a aidé plusieurs milliers de personnes parmi les plus vulnérables.
dans un camp, sensibilisateur de Handicap International et des réfugiés

Depuis le début de son intervention d’urgence au Soudan du Sud en août 2012, Handicap International a aidé plusieurs milliers de personnes parmi les plus vulnérables.

La jeune capitale du Soudan du Sud[1], Djouba, se développe très vite, avec de plus en plus d’hôtels, de commerces et de restaurants, mais elle reste une ville sans électricité avec une très grande pauvreté.  Ce nouvel Etat, né après presque 50 années de conflit avec le Nord, n’est pas en mesure de subvenir aux besoins des réfugiés, des milliers de familles entières qui fuient le Nord et les zones de tensions frontalières.

Les populations manquent de nourriture, d’accès aux soins, d’écoles, d’électricité… et sont souvent tributaires des interventions des ONG pour leur survie. Plus de deux cent mille réfugiés[2] dont 117.000 dans le Nil Supérieur sont dans le besoin et certains portent sur leurs corps les séquelles de la guerre. Récemment, l’afflux de réfugiés a obligé le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à créer un quatrième camp dans l’état du Nil Supérieur pour désengorger ceux déjà existants et accueillir les nouveaux arrivants. Dans ce contexte d’urgence, les personnes les plus vulnérables comme les personnes handicapées ou les personnes âgées, font figure d’oubliées.
Handicap International, présente dans le pays depuis 2006, a mobilisé en août dernier une équipe d’urgence pour venir en aide à ces personnes parmi les plus vulnérables.

Protéger et soigner les plus vulnérables

Durant les neuf mois d’intervention, l’association a mené plusieurs actions  relevant de la protection des personnes, comme par exemple l’identification des besoins des personnes à mobilité réduites dans les trois camps, le conseil à la réadaptation ou encore la distribution d’aides techniques (aides à la marche, aides à la toilette et aides spécifiques). Au total, plus de 1.100 personnes ont reçu des béquilles, des déambulateurs ou des fauteuils roulants. L’association a également orienté plus d’un millier de réfugiés en difficulté vers des structures adaptées, ou vers d’autres ONG. Quand des personnes à mobilité réduite (personnes âgées, personnes handicapées, personnes malades…) ne sont pas en mesured'accéder à l’aide dont elles ont besoin, une organisation les prend spécifiquement en charge pour qu’elles ne restent pas isolées, et cela fait toute la différence. Grâce au travail de l’équipe de Handicap International, plus de 1 000 personnes ont reçu des soins ou des conseils de réadaptation.

Dans trois cliniques de Médecins Sans Frontières et à l’hôpital de référence du Comté de Maban, les kinésithérapeutes de Handicap International ont proposé de la kinésithérapie et de la stimulation psychomotrice pour les enfants malnutris sévères ou avec des problèmes respiratoires. Du fait des conditions de vie difficiles et de la malnutrition, certains enfantssouffrent d’un grand retard de développement. Les ergothérapeutes et les kinésithérapeutes apprenaient notamment aux mères à stimuler leurs enfants en leur montrant les bons gestes qu’elles peuvent désormais pratiquer régulièrement. A l’hôpital de référence du Comté de Maban, près de 200 patients ont pu bénéficier de soins de kinésithérapie.

Un véritable défi logistique

Lorsque l’équipe d’urgence de Handicap International cherche un endroit où installer sa base d’opérations à la fin de l’été 2012, elle est confrontée à d’importantes difficultés logistiques. Le Soudan du Sud est alors en pleine saison des pluies ce qui ne facilite en rien l’action d’urgence. Les conditions d’intervention des organisations humanitaires sont extrêmement difficiles, les routes quasiment inutilisables et les équipes sont contraintes d’utiliser la voie aérienne. La situation géographique des camps compliquait aussi le travail de l’aide humanitaire puisqu’ils sont extrêmement étendus.

Sur place, l’équipe de Handicap International (35 personnes dont 10 expatriés) a également pu apporter son expertise sur le volet de la formation des organisations humanitaires internationales et locales à la prise en charge des plus vulnérables. Elle a aussi contribué à améliorer la distribution de nourriture et l’accès aux latrines.

Actuellement, Handicap International poursuit ses actions de développement au Soudan du Sud, avec des projets destinés d’une part à à faciliter et à promouvoir l'inclusion des personnes handicapées dans les questions de développement, tant au niveau national que local. D’autre part, Handicap International assure la formation des travailleurs sociaux et de santé, des infirmières, des travailleurs de la réadaptation et des soignants. Une salle de rééducation à l'hôpital de Bor a été ouverte et des aides à la mobilité ont été distribuées. L'organisation fournit des services de réadaptation à l'hôpital, des services de réadaptation de base dans les collectivités éloignées et des services de soins des plaies. Enfin, l’association conduit des enquêtes pour délimiter la pollution (mines et restes explosifs de guerre) du pays pour soutenir les opérations de déminage.



[1] Le Soudan du Sud (ou « République du Soudan du Sud ») existe depuis son indépendance en juillet 2011. Sa capitale est Djouba.

 

Pour aller plus loin

Guerre dans le Haut-Karabakh : les bombardements sur les zones peuplées doivent cesser
Copyright Google Maps
Mines et autres armes Urgence

Guerre dans le Haut-Karabakh : les bombardements sur les zones peuplées doivent cesser

Alors que les violences se poursuivent dans le Haut-Karabakh, les deux parties au conflit utilisent des armes explosives lourdes dans les zones peuplées, mettant la vie des civils en grave danger.

HI apporte une aide de « premiers secours » à 500 personnes
©Tom Nicholson / HI
Urgence

HI apporte une aide de « premiers secours » à 500 personnes

Les explosions du port de Beyrouth survenues le 4 août dernier, ont impacté de nombreux habitants. Nada Baghdadi, 27 ans, a une grave fracture à la jambe.

 

HI apporte une aide psychologique de « premiers secours » à 500 personnes
©Tom Nicholson / HI
Urgence

HI apporte une aide psychologique de « premiers secours » à 500 personnes

L’explosion du 4 août à Beyrouth a traumatisé toute une population. En deux semaines, les équipes de HI ont apporté une aide psychologique d’urgence à près de 500 personnes.