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Soudan du Sud: Apporter une aide spécifique aux personnes les plus faibles

Santé Urgence
Selon les Nations Unies, plus de 160 000 personnes ont fuit les combats qui sévissent au Soudan, pour se réfugier au Soudan du Sud. Cet Etat a été créé d'une partition avec le Soudan en juillet 2011 et les infrastructures y sont inexistantes. Plusieurs camps ont été mis en place par la communauté internationale et plusieurs ONG. Début juillet, Handicap International a dépêché une mission d'évaluation au Soudan du Sud, pour mesurer le degré de gravité de la crise humanitaire qui affecte ce pays et intervenir dans les meilleurs délais auprès des plus vulnérables.
image d'une femme et son enfant dans un camp de transit au soudan du sud

Selon les Nations Unies, plus de 160 000 personnes ont fuit les combats qui sévissent au Soudan, pour se réfugier au Soudan du Sud. Cet Etat a été créé d'une partition avec le Soudan en juillet 2011 et les infrastructures y sont inexistantes. Plusieurs camps ont été mis en place par la communauté internationale et plusieurs ONG. Début juillet, Handicap International a dépêché une mission d'évaluation au Soudan du Sud, pour mesurer le degré de gravité de la crise humanitaire qui affecte ce pays et intervenir dans les meilleurs délais auprès des plus vulnérables.

« Nous avons envoyé une équipe dans les zones du district d'Upper Nile où se trouvent ces réfugiés afin de déterminer le niveau de notre intervention, explique Hélène Robin, responsable des actions d'urgence dans ce pays. Plusieurs acteurs humanitaires interviennent déjà dans les camps. Cependant, nous avons pu constater que de nombreux besoins ne sont pas couverts, particulièrement ceux concernant les plus vulnérables. Notre objectif est donc d'apporter une réponse plus spécifique et ciblée aux plus faibles, aux personnes handicapées, qui dans ce contexte sont souvent exclues de l'aide humanitaire faute de pouvoir se déplacer ou faute de réponse adaptée. Nous avons pu constater également que de nombreuses personnes ne savent pas où s'adresser, ni de quelles aides elles peuvent bénéficier. C'est donc à nous d'aller à leur rencontre et de les informer, voire de les accompagner vers les structures adaptées. Nous voulons aussi apprendre aux familles de personnes vulnérables et de personnes handicapées à mieux les prendre en charge. » 

Les familles qui habitent habituellement dans cette région très pauvre sont également impactées par cet afflux de réfugiés, c'est pourquoi Handicap International souhaite apporter son soutien à l'ensemble des populations vulnérables sur place.

L'association se prépare à engager une première réponse d'urgence pour une durée de six mois, avec pour objectifs de prévenir et réduire les incapacités, et d'améliorer les conditions de vie des plus fragilisés.

Malgré les besoins importants dans un contexte d'urgence, aucun service de kinésithérapie n'est mis en œuvre dans la région. Handicap International prévoit donc de déployer plusieurs kinésithérapeutes qui interviendraient à la fois dans les camps et les structures de santé. Des équipes mobiles seront également déployées pour prendre en charge les personnes isolées. Il s'agit de s'occuper des enfants malnutris afin de prévenir d'éventuelles complications et de réduire la mortalité infantile. Dans ce type d'action, les mères sont associées à la prise en charge des enfants. L'intervention des kinésithérapeutes devrait également concerner les victimes de traumatismes graves et de blessures, par le biais des équipes mobiles et par un appui dans les hôpitaux.

Le soutien aux structures de santé devrait être complété par la mise à disposition d'équipements spécifiques (comme des aides à la marche, béquilles, déambulateurs...) et par l'apprentissage de gestes simples aux personnels de santé. De même, des distributions de matériels adaptés pourront être faites directement auprès des bénéficiaires.

L'association entend par ailleurs développer son intervention sur un second axe fort : celui de la protection et de l'inclusion des personnes vulnérables dans la réponse à l'urgence. En clair, il s'agit de faire en sorte que les réfugiés les plus vulnérables puissent bénéficier d'un accès à l'aide et qu'ils soient pris en compte par les actions mises en œuvre par les différents acteurs de l'humanitaire.

Une équipe spécifique devrait être déployée pour favoriser l'identification et l'inclusion des personnes les plus vulnérables présentes dans les camps. Elle s'appuiera sur des équipes mobiles de réfugiés, formés pour intervenir ensuite dans les communautés, afin de les identifier et de les référencer. Le cas échéant, elles se chargeront de les orienter vers les structures adaptées, comme les centres de santé par exemple.

Un travail de sensibilisation devrait également être mené auprès des autres acteurs de l'aide humanitaire, pour qu'ils prennent en compte les besoins spécifiques de ces populations. Il s'agit par exemple de faire en sorte que les points de distribution d'eau soient accessibles aux personnes handicapées.

L'association pourra s'appuyer sur sa connaissance du terrain et son implantation dans le pays pour mettre en place ces actions d'urgence spécifiques. Handicap International est en effet intervenue dans la région en 2005 pour venir en aide aux personnes déplacées ou réfugiées qui retournaient dans leur région d'origine, dévastée par les conflits. Ces actions d'urgence ont ensuite évolué vers une réponse à plus long terme. L'association a mis en œuvre des projets d'inclusion sociale, pour permettre la participation des personnes handicapées au développement de leur pays, et des actions d'assistance aux victimes dans l'Etat de Jongleï et dans la ville de Juba.  

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