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Une kiné belge aide des grands brûlés au Soudan du Sud

Santé Urgence
Soudan du Sud
Pendant six semaines, Lieselotte Vlaeminck a renforcé l’équipe de Handicap International au Soudan du Sud. Elle y a soigné les survivants de l’explosion d’un camion-citerne et nous livre depuis Juba le récit émouvant de Mary, « une adolescente courageuse au sourire communicatif » à qui elle a appris que le handicap ne doit pas entraver les projets de vie.  
Mary, habillé d'un tissu africain bleu à mtifs de fleurs, soulève son bras brûlé en tenant une petite bouteille d'eau

Pendant six semaines, Lieselotte Vlaeminck a renforcé l’équipe de Handicap International au Soudan du Sud. Elle y a soigné les survivants de l’explosion d’un camion-citerne et nous livre depuis Juba le récit émouvant de Mary, « une adolescente courageuse au sourire communicatif » à qui elle a appris que le handicap ne doit pas entraver les projets de vie.   

De novembre à mi-décembre 2015, Lieselotte est venue partager son expertise avec l’équipe de Handicap International à Juba, la capitale du Soudan du Sud. Cette kinésithérapeute belge y réalise un travail qu’elle qualifie de « rempli de défis, auprès de collègues sympas ». Elle aimerait pouvoir rester plus longtemps, mais son travail en Belgique la rappelle doucement. Elle a en effet son propre cabinet à Sint-Amandsberg, où elle soigne des personnes qui ont des difficultés à se mouvoir.

A Juba, elle travaille à la revalidation des patients brûlés. Il s’agit presque exclusivement des survivants de l’explosion d’un camion-citerne qui s’est renversé dans la nuit du 16 septembre 2015 sur la route reliant Juba à Maridi, à environ 350 km de la capitale.

L'explosion d'un camion-citerne

C’est Jacqueline, la voisine de Mary, qui lui a proposé d’aller récupérer du combustible qui s’échappait du camion-citerne. Lorsqu’elles sont arrivées sur place, plus d’une centaine de riverains étaient déjà occupés à remplir leurs bidons. Mary reprenait la route avec son jerrycan rempli à ras bord lorsqu’elle a entendu une explosion, à une cinquantaine de mètres derrière elle. Elle s’est sentie projetée dans l’air et est retombée lourdement sur le sol. Le bidon qu’elle tenait à la main avait, lui aussi, explosé.

Au moins 186 personnes sont mortes lors de cette explosion, qui a fait un nombre encore plus important de blessés graves. Mary y a perdu les quatre doigts de la main droite et la partie supérieure du pouce. Sur sa main, une importante plaie ouverte ne guérissait pas spontanément et pour cette raison, de la peau saine devait être prélevée sur sa jambe et greffée sur la blessure. Elle a donc été transportée au Juba Teaching Hospital de Juba, avec une soixantaine d’autres grands brûlés, pour y être opérée.

Une jeune fille et des rêves d’avenir

« J’ai rencontré Mary à l’hôpital lors des thérapies de groupe quotidiennes que Handicap International organise afin de permettre aux patients de récupérer leur mobilité », témoigne Lieselotte. La kinésithérapeute se souvient de l’enthousiasme avec lequel Mary faisait bouger sa main bandée. Après dix jours, les pansements ont été retirés et Mary a commencé les exercices individuels intensifs. « Ensemble, nous avons fait des exercices pour qu’elle apprenne à utiliser à nouveau son bras droit et sa main droite dans les tâches quotidiennes », explique Lieselotte. « Tout au long des thérapies, elle me racontait qu’elle aimerait ouvrir un petit magasin dans l’aile de l’hôpital où nous faisions la rééducation. Mary est une jeune fille qui a des rêves d’avenir plein la tête. »

Même si Lieselotte a encore du pain sur la planche à Juba, la thérapie de Mary est à présent terminée. « Demain, elle reprend l’avion pour Maridi. Après une hospitalisation de deux mois et un accompagnement quotidien, elle est prête à rentrer chez elle et y retrouver sa famille, ce qui la réjouit énormément ! » conclut Lieselotte.

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