Accès direct au contenu

Ebola : des conséquences graves dans tous les domaines

Santé Urgence
Libéria Sierra Leone
"Les effets de cette épidémie sans précédent risquent d’être comparables à ceux des guerres civiles qui ont touché ces pays d'Afrique de l'Ouest dans les années 1990." Adam Huebner, Coordinateur santé pour Handicap International, explique à quel point cette épidémie pèse aujourd'hui sur les pays touchés.
Een groep volwassenen en kinderen zitten op bankjes in een zelfgemaakte tent naar sensibiliseringsboodschappen te kijken op tv.

"Les effets de cette épidémie sans précédent risquent d’être comparables à ceux des guerres civiles qui ont touché ces pays d'Afrique de l'Ouest dans les années 1990." Adam Huebner, Coordinateur santé pour Handicap International, explique à quel point cette épidémie pèse aujourd'hui sur les pays touchés.

Depuis l’apparition en mars dernier d’une nouvelle épidémie de fièvre Ebola dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé 4 366 infections (confirmées ou suspectées) ayant entrainé la mort de 2218 personnes[1]. L’ampleur de la catastrophe est sans précédent et le nombre de contaminations continue d’augmenter de manière inquiétante. Une situation qui a déjà des conséquences graves dans tous les domaines, de la santé à l’économie en passant par l’éducation et la cohésion sociale.

"Personne ne s’attendait à une telle catastrophe"

« Au printemps, lorsque nous avons commencé à recevoir les premières informations sur la présence du virus à la frontière entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Léone, nous avions anticipé une perturbation de quelques semaines sur nos projets, pas plus, » explique Adam Huebner, qui rentre tout juste de Sierra Leone. « Il était impossible à l’époque d’imaginer qu’Ebola absorberait peu à peu toutes les énergies et les ressources disponibles y compris sur nos programmes à Handicap International. Aujourd’hui, l’ensemble de nos équipes au Libéria et en Sierra Léone est mobilisé par la lutte contre ce virus. Nous nous efforçons, à notre échelle, d’organiser des espaces de discussion avec la population pour qu’elles puissent poser les questions qui les préoccupent et s’informer sur les moyens de limiter les nouvelles contaminations.

Et puis, nous abordons également toutes les questions liées aux conséquences indirectes du virus qui préoccupent beaucoup les gens : par exemple, comment s’approvisionner ou se soigner quand les déplacements sont restreints. Pour que notre action ait un impact plus large, nous travaillons avec l’ensemble des acteurs mobilisés sur cette crise, et faisons en sorte que les actions puissent toucher l’ensemble de la population, y compris les personnes isolées ou vivant avec un handicap. »

Au bord de l'abîme

« Aujourd’hui la lutte contre le virus Ebola mobilise toutes les ressources disponibles dans les pays touchés et c’est pourtant encore insuffisant pour endiguer sa progression. Tant que le nombre de nouvelles contaminations ne diminuera pas, il sera impossible de faire autrement, à la fois parce que c’est la priorité numéro un, mais aussi parce que les mesures qui doivent être prises limitent ce qui peut être fait dans d’autres domaines (du fait des restrictions de déplacement et de réunion par exemple).

Résultat, à peu près tous les secteurs économiques et sociaux clés sont en train de s’effondrer, avec des conséquences qui dépasseront probablement de beaucoup celles causées directement par l’épidémie. Les populations se rendent moins dans les hôpitaux par crainte d’être contaminées, la plupart des nouveaux nés ne sont plus vaccinés, le prix de la nourriture augmente dans le même temps que l’activité économique et les revenus de la population diminuent, la rentrée des classes de millions d’enfants a été reculée et l’année entière risque d’être perdue… On peut aussi craindre qu’une partie significative du personnel des services publics paralysés ait quitté leur poste pour trouver un autre moyen de subvenir à leurs besoins. » 

Après le virus, des années pour se relever

« A plusieurs égards, les effets de cette épidémie sans précédent risquent d’être comparables à ceux des guerres civiles qui ont touché ces pays dans les années 1990. Et de la même façon, afin d’éviter des conséquences en cascades, la communauté internationale doit donc se préparer à une intervention sur plusieurs années dans des domaines aussi variés que le soutien psychosocial et le renforcement de la cohésion sociale ou la relance de l’activité économique et des services publics – au premier rang desquels figure le secteur de la santé.

En même temps que nous devons augmenter nos efforts pour lutter contre le virus, il est indispensable de préparer dès aujourd’hui l’intervention qui suivra cette phase d’urgence. C’est aussi à cela que nos équipes se préparent sur le terrain. »

[1] WHO: Ebola Response Roadmap Situation Report 3 (12 septembre 2014) http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/133073/1/roadmapsitrep3_eng.pdf?ua=1

Pour aller plus loin

COVID-19 : au Pakistan, Saima et sa famille luttent pour survivre
© HI
Santé Urgence

COVID-19 : au Pakistan, Saima et sa famille luttent pour survivre

En fauteuil roulant depuis son enfance, Saima vit avec sa famille dans un bidonville de Karachi, au Pakistan. A cause de la pandémie et du confinement, leur quotidien est devenu insoutenable.

COVID-19 - Notre message au Soudan du Sud : "Ne laissez personne derrière ! "
© Dieter Telemans / HI
Prévention Santé Urgence

COVID-19 - Notre message au Soudan du Sud : "Ne laissez personne derrière ! "

Dans la région de Juba, au Soudan du sud, l'équipe de Handicap International a identifié plus de 5 200 personnes handicapées ou très fragiles qui ont besoin d'aide alors que le COVID-19 fait son apparition. La plupart sont des personnes déplacées qui doivent faire face à de nombreux obstacles pour rester à l'abri du virus.

COVID-19 en Éthiopie : pour ce père de 10 enfants, pas de clients, pas de revenus
© HI
Santé Urgence

COVID-19 en Éthiopie : pour ce père de 10 enfants, pas de clients, pas de revenus

Toute la ville de Fafan est confinée. Mohamed a peur pour sa famille : il craint que la pandémie ne s’étende dans la région. Handicap International est à ses côtés.