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Famine : un expatrié d’Handicap International témoigne

Urgence
"Chaque jour, environ 1300 réfugiés somaliens totalement épuisés parviennent au camp de Dadaab. Souvent, ils ont parcouru 300 ou 400 km sous le soleil. Beaucoup d'enfants handicapés sont transportées en brouette." Bernard Franck, un kinésithérapeute belge travaillant pour Handicap International, voit chaque jour les besoins augmenter à la frontière entre le Kenya et la Somalie. 
Une maman et son fils de 15 ans, infirme moteur cérébral.

"Chaque jour, environ 1300 réfugiés somaliens totalement épuisés parviennent au camp de Dadaab. Souvent, ils ont parcouru 300 ou 400 km sous le soleil. Beaucoup d'enfants handicapés sont transportées en brouette." Bernard Franck, un kinésithérapeute belge travaillant pour Handicap International, voit chaque jour les besoins augmenter à la frontière entre le Kenya et la Somalie.

 Depuis quelques jours, les agences humanitaires présentes dans la Corne de l’Afrique tirent la sonnette d’alarme : une famine – la pire depuis1991 – cause des ravages dans la région. La Somalie est le pays le plus gravement touché, mais la famine se fait sentir également au Kenya, en Ethiopie, à Djibouti, au Soudan et en Ouganda.

Handicap International intervient depuis 1997 dans les camps qui entourent le petit village de Dadaab, au Kenya. L’organisation vient directement en aide aux personnes handicapées et sensibilise d'autres agences pour assurer l’accessibilité des services de base (accès à l’eau, à l’hygiène,…). Depuis de nombreuses années, des Somaliens viennent y trouver refuge, fuyant un pays livré au chaos. Bernard Franck travaille depuis août 2009 comme coordinateur technique en réadaptation pour le programme Kenya/Somaliland. Il apporte également un appui ponctuel dans le domaine de la réadaptation en Ethiopie et au Sud-Soudan. Il vient de rentrer en Europe pour quelques jours, avant de repartir au Kenya à la fin du mois d’août. Il explique ce à quoi sont confrontées les équipes de Handicap International présentes sur place.

« Durant les huit derniers mois, depuis octobre 2010, nous avons constaté un afflux de réfugiés qui fuient le conflit en Somalie et viennent s’installer dans les camps. Depuis le mois de juin, on a enregistré un pic significatif, avec environs 1300 réfugiés qui arrivent chaque jour. Aujourd’hui, 380.000 personnes vivent à Dadaab – dont 20.000 personnes handicapées, tous types de handicaps confondus- et l’on s’attend à devoir accueillir 500.000 personnes d’ici à la fin de l’année. Or les camps actuels sont déjà saturés. Les nouveaux arrivants doivent s’installer à l’extérieur des camps, sans aucunes infrastructures sanitaires. Ils construisent des abris de fortunes, à l’ombre des quelques arbres, à l'aide branchages et de bâches en plastique.

Ils arrivent totalement épuisés, affamés, déshydratés. Je me souviens d’une maman qui avait marché une dizaine de jours en transportant dans une brouette son fils de 15 ans, infirme moteur cérébral. Elle avait parcouru 300 à 400 km sous le soleil, en poussant la brouette dans le sable. Beaucoup de personnes handicapées arrivent ainsi, à dos d’homme ou en brouette. Quand les personnes arrivent, elles s’écroulent et attendent, inertes, assises sur un carton. Mais il y a aussi ceux qui meurent dans le voyage, de fatigue, de faim, de soif. Parmi eux, beaucoup d’enfants…

Handicap International n’est évidemment pas la seule ONG à intervenir, mais notre préoccupation va vers les plus vulnérables comme les personnes âgées, les personnes et les enfants isolées et les personnes handicapées. Nous nous assurons notamment qu’il n’y ait pas de discrimination au moment de la distribution des biens de première nécessité.
L’association mène actuellement une mission d’évaluation pour voir si, en plus de ce que nous faisons déjà, un autre type de soutien n’est pas nécessaire, à Dadaab mais aussi dans un camp de transit situé directement à la frontière somalienne, d’une capacité de 10.000 personnes.

La situation demande des réponses urgentes !

A cause de l’augmentation du nombre de réfugiés ces derniers mois, nous avions commencé à recruter de nouvelles personnes pour répondre aux besoins. Aujourd’hui, il faudrait encore augmenter nos équipes, mais aussi nos ressources et les fonds disponibles pour fournir toute l’assistance nécessaire. Nous craignons en effet que les réfugiés continuent d’affluer. »

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