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Handicap International aide à débarasser le Tchad de ses mines

Mines et autres armes
Le Tchad a pour objectif de se déclarer libéré de la menace des mines antipersonnel d'ici 2017. Handicap International vient d'ouvrir une mission pour aider le pays dans cette tâche. Notre collaborateur Stéphane Dufils explique comment notre association va se mettre au travail dans ce pays d'Afrique Centrale.
Portrait de Stéphane Dufils

Le Tchad a pour objectif de se déclarer libéré de la menace des mines antipersonnel d'ici 2017. Handicap International vient d'ouvrir une mission pour aider le pays dans cette tâche. Notre collaborateur Stéphane Dufils explique comment notre association va se mettre au travail dans ce pays d'Afrique Centrale.

Le Tchad  porte encore les stigmates des conflits successifs des années 60 à 80 : mines et restes explosifs de guerre constituent toujours une menace. Stéphane Dufils part pendant deux mois à N’Djamena pour lancer les projets de lutte contre les mines. Sa priorité : ouvrir le bureau et de constituer les équipes.

Quels programmes Handicap International mènera-t-elle au Tchad ?

Stéphane Dufils: Nous nous engageons pour un minimum de quatre ans dans un programme qui se concentrera sur le déminage, l’assistance aux victimes et la réadaptation physique. Dans le cadre du déminage, nous œuvrerons principalement au renforcement de capacité du Centre national de déminage (CND) en partenariat avec MAG[1], déjà impliqué dans le Nord du pays dans des opérations de déminage. Il s’agit notamment d’encadrer le centre dans l’élaboration des normes nationales, de former son personnel, de développer des outils de suivi, évaluation et planification opérationnelles.

"Nous allons aussi travailler sur la base de données nationale qui recense la présence des mines et de restes explosifs de guerre pour obtenir une cartographie précise des zones dangereuses. Nous pourrions être amenés à effectuer des actions de dépollution dans le Sud du pays. Nous allons donc conduire des enquêtes de terrain : recueil de documentation, compilation des informations et réunions avec les autorités locales et les communautés pour identifier les zones polluées par des restes explosifs de guerre (REG[2]). Quand une contamination est confirmée, nous effectuons des enquêtes plus poussées, puis les opérations de dépollution."

Un second volet porte directement sur les victimes de mines…

S.D. : Pour être précis, il porte sur la coordination entre les acteurs institutionnels qui prennent en charge le handicap (santé, déminage, associations représentatives des handicapés...) Nous travaillerons toujours très étroitement avec le Centre national de déminage mais cette fois surtout avec sa Direction d’assistance aux victimes afin de la soutenir dans la mise à jour du Plan d’action national d’assistance aux victimes et pour assurer sa bonne application. Nous développerons un système communautaire pilote d'identification et d'accompagnement des victimes de mines-REG et des personnes handicapées afin de renforcer l’assistance à ces populations et assurer une meilleure prise en charge dans les services de santé existants par des actions de sensibilisation. 

Nous développerons aussi le secteur de la réadaptation physique au Tchad en apportant un soutien technique aux institutions et aux centres de santé pour l’élaboration d’un plan d'action national du secteur et le renforcement de la formation des kinésithérapeutes et des ergothérapeutes. Sur le papier, ces actions peuvent paraître très techniques. Elles sont néanmoins essentielles pour améliorer l’insertion et les conditions de vie des personnes handicapées. »

Quels sont les  étapes préalables à l’ouverture d’une telle mission ?

S.D : « Il faut d’abord se présenter et s’enregistrer auprès des autorités tchadiennes. Il existe à N’Djamena une direction des ONG, placée sous l’autorité du ministère du Plan. L’objectif est de commencer dès maintenant nos activités en bénéficiant, nous espérons, d’un enregistrement provisoire.  

Une fois l'enregistrement effectué, le premier mois sera consacré à plusieurs taches : présentation aux autorités et partenaires, identification et installation des bureaux, analyse des besoins et des fournisseurs, recrutement de collaborateurs, et rédaction d’un ensemble de documents : règlement intérieur, conditions générales d’engagement, procédure d’engagement des dépenses, etc. Le chef des opérations arrivera en novembre puis nous rédigerons ensemble les profils des différents postes et recruterons le personnel opérationnel nécessaire. Il est important de terminer les recrutements début novembre car deux semaines plus tard ces nouveaux salariés suivront des ateliers de formation sur la méthodologie des enquêtes préalables aux opérations de déminage et de dépollution. On entrera alors vraiment dans le vif du sujet !

Le Tchad s’est fixé comme objectif d’être libre de mines en 2017.


[1] MAG : le Mines Advisory Group est une des principales organisations non gouvernementales spécialisées dans le déminage.

[2] Les restes explosifs de guerre sont des munitions, obus, missiles non explosés qui menacent la sécurité des habitants de la zone où ils se trouvent.

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