Accès direct au contenu

SOUDAN DU SUD « Dans le camp de Juba, des milliers de familles sans assistance »

Urgence
Soudan du Sud
Chef de la mission d’urgence de Handicap International au Soudan du Sud, Céline Lefebvre s’est rendue cette semaine dans un camp situé en bordure de la capitale, Juba. Des milliers de familles y survivent entassées, avec un accès aléatoire aux services de base.
une femme se dirige vers une colonne de réfugiés

Chef de la mission d’urgence de Handicap International au Soudan du Sud, Céline Lefebvre s’est rendue cette semaine dans un camp situé en bordure de la capitale, Juba. Des milliers de familles y survivent entassées, avec un accès aléatoire aux services de base.
« Ce qui m’a le plus frappée dans ce camp de Juba, qui compte 18.000 personnes, c’est la vision des familles entassées, de l’absence de place, de la promiscuité dans laquelle vivent ces femmes, ces enfants, ces hommes qui fuient des combats sans vraiment savoir où aller », témoigne Céline Lefebvre, chef de mission Handicap International au Soudan du Sud.

« On peut voir des familles de six ou sept personnes qui disposent d’à peine 6 m² pour s’installer, qui dorment dans des tentes souvent à même le sol. Le fait de se trouver dans un camp ne leur garanti même pas la sécurité qu’elles pensaient y trouver puisque les violences entre les parties au conflit se sont invitées à l’intérieur même de ce camp. La promiscuité et le manque d'équipement du camp (éclairage insuffisant) sont des facteurs d'insécurité supplémentaires, particulièrement pour les femmes. Les besoins de base - soins, accès à la nourriture et à l’eau - ne sont pas toujours couverts compte tenu du nombre important des déplacés et de la soudaineté de la crise. Des puits ont été creusés, des latrines sont construites, une autre organisation distribue des tablettes nutritives… Mais la tâche demeure immense. Les hôpitaux peinent à libérer des places pour les blessés, puisque ceux qui ont été soignés ne peuvent pas être renvoyés dans les camps faute de suivi. »

Dans ce pays devenu indépendant en juillet 2011 (1), la rareté des services de base conjuguée à une explosion de violence fragilise immédiatement les personnes les plus vulnérables que sont les personnes handicapées, les femmes enceintes, les blessés, les personnes âgées… C’est une préoccupation majeure de Handicap International.

« Dès notre arrivée, nous nous sommes rendus auprès des personnes déplacées pour identifier les besoins les plus urgents, explique Céline. Avec l’appui de notre personnel national (Handicap International travaille au Soudan du Sud depuis 2006), nous préparons notre intervention, afin qu’elle soit vraiment adaptée aux attentes des plus vulnérables ».

Handicap International doit apporter son expertise des situations de crise en organisant l’identification et l’orientation des personnes les plus vulnérables, afin de permettre leur accès à l’aide humanitaire. Dans certains cas, cela peut consister à accompagner des personnes handicapées vers un centre de soin ou vers une distribution alimentaire. Dans le même temps, l’association devrait proposer des soins de réadaptation aux blessés, pour favoriser leur rétablissement et limiter la survenue de handicaps permanents.

Ces actions devraient être mises en place autour de Juba où les déplacés sont donc très nombreux, mais également à Awerial, et à Bor, une ville située plus au Nord, où il n’est pas possible de se rendre aujourd’hui au regard de l’instabilité qui y règne.

 

(1) – Le Soudan du Sud connait des problèmes structurels importants tels que le manque d’accès aux services de base, l’insécurité alimentaire, la contamination des terres par des mines et par des restes explosifs de guerre. A cela, s’ajoute la circulation importante d’armes légères qui représente un danger permanent pour l’ensemble de la population. De plus, depuis la création du pays, 100 000 réfugiés ou déplacés reviennent sur leurs terres et ont besoin d’assistance. L’Etat du Centre équatorial est le plus contaminé du pays par les mines et aussi celui qui recense le plus de victimes de mines/restes explosifs de guerre et de population déplacée.
 

Pour aller plus loin

COVID-19 : Les kinés de Handicap International sensibilisent au sujet des mesures d’hygiène à respecter
© Phil Sheppard / Handicap International
Réadaptation Santé Urgence

COVID-19 : Les kinés de Handicap International sensibilisent au sujet des mesures d’hygiène à respecter

Face à la propagation de l’épidémie de Covid-19 dans le monde, les équipes de Handicap International (H.I.) adaptent leurs activités et viennent en aide aux populations à risque. L’association informe notamment les populations locales au sujet des gestes d’hygiène à respecter. Pauline Falipou, experte en réadaptation d’urgence pour H.I., témoigne.

Covid-19 : Handicap International adapte ses actions pour protéger les plus fragiles
© Quinn Neely / HI
Insertion Santé Urgence

Covid-19 : Handicap International adapte ses actions pour protéger les plus fragiles

Sur le terrain, les équipes de Handicap International adaptent leurs activités pour limiter l'expansion du Covid-19. Les modalités d’interventions sont revues. De nouveaux projets sont créés pour protéger les plus vulnérables du virus - les personnes handicapées, les enfants, les femmes et les personnes isolées ou âgées - et d’agir sur les effets de cette crise.

Yémen, toute une génération blessée à vie Mines et autres armes Réadaptation Urgence

Yémen, toute une génération blessée à vie

Depuis le début du conflit au Yémen, Handicap International a pris en charge plus de 3 000 victimes d’armes explosives, dont 850 victimes de mines et de restes explosifs de guerre. Presque tous présentent des handicaps résultant de leurs blessures et auront besoin d’un suivi spécifique à vie. L’association est profondément préoccupée par les obstacles multiples aux interventions humanitaires et à l’accès aux populations. Thomas Hugonnier, directeur des opérations pour l'organisation au Moyen-Orient, témoigne de la situation dans le pays.