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Pakistan : se focaliser progressivement sur les plus vulnérables

Urgence
Pakistan
L'eau potable reste l'enjeu majeur au pakistan. Handicap International poursuit donc les distributions. Mais le temps avançant, Handicap International oriente progressivement ses activités pour offrir son support aux personnes les plus vulnérables, notamment les personnes handicapées et les jeunes enfants. Stéphane Lobjois, chef de mission pour Handicap International au Pakistan, détaille les actions en cours et à venir dans une interview réalisée le 16 septembre.
Stéphane Lobjois
L'eau potable reste l'enjeu majeur au pakistan. Handicap International poursuit donc les distributions. Mais le temps avançant, Handicap International oriente progressivement ses activités pour offrir son support aux personnes les plus vulnérables, notamment les personnes handicapées et les jeunes enfants. Stéphane Lobjois, chef de mission pour Handicap International au Pakistan, détaille les actions en cours et à venir dans une interview réalisée le 16 septembre.

 
Comment a évolué la situation depuis le début des inondations ?

La région du Khyber Pakhtunkwa (KPK, au Nord-Ouest) a été la première touchée, début août. Mais les inondations se sont peu à peu déplacées vers le Sud (Sind), comme une vague qui descend lentement vers la mer. La région du Sind, et particulièrement le district de Thatta est toujours dans une phase d’urgence. On compte notamment plus de 200.000 personnes qui vivent dans des conditions très précaires dans des camps. Et les inondations ne sont pas terminées, il reste de l’eau un peu partout. Les besoins sont très importants en matière de santé, de nourriture ou encore d’abris. Et on a pu aussi constater que certaines minorités de la population n’ont pas accès à l’aide. Dans ce contexte, la menace de maladies, de diarrhées, pèse toujours sur les plus fragiles.

Et la situation ne s’améliore pas, puisque dans le Nord, les personnes qui ont perdu leurs maisons, leurs biens, vont se retrouver rapidement confrontées à un hiver très rigoureux, et l’arrivée probable de la neige, d’ici quelques semaines.

Qu’est-ce que cela change par rapport aux précédents terrains d’intervention de l’association ?

Lors d’un conflit, comme dans la bande de Gaza en 2009, ou d’un tremblement de terre, comme cette année en Haïti, le nombre de blessés est très important… Dans le cas du Pakistan, on compte peu de blessés. Nous devons donc adapter notre intervention en nous focalisant davantage sur les besoins de base, comme l’accès à l’eau. Avec une attention particulière pour que les personnes handicapées et les plus vulnérables puissent accéder à l’aide.

Les activités actuelles ?

Nous distribuons quotidiennement près de 120 000 litres dans le Sindh, et 90 000 litres dans le KPK, ce qui correspond aux besoins de 60 000 personnes. A cela s’ajoute l’installation de deux stations de traitement de l’eau. La première, qui vient d’être livrée, devrait nous permettre de produire 80 000 litres d’eau potable par jour, et donc d’alimenter 23 000 personnes. Dans le même temps, nous avons installé une autre station capable de produire plus de 7 000 litres d’eau, et nos équipes assurent des réparations de systèmes d’adduction d’eau. Les distributions d’eau et de plaquettes de purification de l’eau nous permettent également de bien nous faire accepter de la population.

Par ailleurs, les activités de nettoyage sont toujours en cours. En associant la population des villages à l’évacuation des débris et des déchets végétaux, on contribue à la relance de l’économie, à une reprise d’activité, tout en facilitant le retour des habitants.

Et pour les personnes les plus affectées, nous prévoyons aussi un projet de soutien psychosocial, avec des groupes de parole encadrés par nos équipes, pour leur permettre d’exprimer ce qu’elles ont vécu.

 

Qui sont les bénéficiaires ?

Dans une phase de première urgence, on assure des distributions pour tout le monde, sans faire de distinction. Mais progressivement, nous ciblons davantage l’aide que nous apportons vers les plus vulnérables, à savoir les personnes handicapées, les enfants de moins de 5 ans, les malades chroniques, mais aussi les femmes isolées, les femmes enceintes, les personnes âgées, les minorités... La mise en place d’un premier point relais handicap et vulnérabilité va dans ce sens. Il permet d’apporter une aide de proximité et adaptées aux personnes vulnérables. Nous allons en créer d’autres rapidement.

Mais nous devons aussi lancer dans les prochains jours des distributions d’aides à la marche (béquilles, déambulateurs…), assurer l’accessibilité des systèmes d’adduction d’eau, construire des latrines accessibles toujours pour améliorer les conditions d’hygiène.

Dans le Sindh, au sud, nous allons aussi nous préoccuper des populations minoritaires qui sont exclues de l’aide. Pour identifier ces populations, nous assurons des évaluations qui permettent de déterminer plus précisément les besoins, les secteurs les plus touchés. C’est notamment ce qui a déterminé notre volonté d’intervenir dans le district de Thatta c’est une zone très affectée, mais très reculée où très peu d’ONG sont présentes.

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