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Soudan du Sud : rien n'est résolu

Réadaptation Santé Urgence
Soudan du Sud
Depuis le début des combats en décembre 2013, 1.5 millions de Sud Soudanais ont dû fuir à l'intérieur du pays et près de 500.000 personnes ont trouvé refuge à l'étranger. Handicap International. Malgré les accords signés entre le parties du conflit, l'accès à l'aide humanitaire reste difficile. Handicap International continue de se mobiliser pour venir en aide aux plus vulnérables, dont les personnes handicapées.
Scène dans le camp de Juba, on voit la silhouette d'un homme s'appuyant sur une canne marchant dans une allée

Depuis le début des combats en décembre 2013, 1.5 millions de Sud Soudanais ont dû fuir à l'intérieur du pays et près de 500.000 personnes ont trouvé refuge à l'étranger. Handicap International. Malgré les accords signés entre le parties du conflit, l'accès à l'aide humanitaire reste difficile. Handicap International continue de se mobiliser pour venir en aide aux plus vulnérables, dont les personnes handicapées.

Le Soudan du Sud est le plus jeune pays au monde. Formé en juillet 2011, il traverse, depuis le mois de décembre 2013, une crise politique qui a donné lieu à des affrontements et à d’importants mouvements de populations. Le nombre de déplacés internes est évalué à 1.5 million. 480 000 Sud Soudanais ont également fui à l’étranger.

Handicap International est présente au Soudan du Sud depuis 2006, notamment pour favoriser l’accès aux soins des personnes handicapées (en particulier les victimes de mines) et leur intégration dans les initiatives de développement du pays. Ces activités, suspendues en décembre 2013 suite à la dégradation de la situation sécuritaire, ont repris depuis mai 2014. L’association continue à concentrer son action sur des projets en réponse à la crise humanitaire.

Les actions des Points relais handicap et vulnérabilité

Dès les premiers mois du conflit, Handicap International a mis en place des points relais handicap et vulnérabilité dans les camps de Juba (Juba 3) et dans le comté d’Awerial (zone de Mingkaman, où des populations ayant fui la ville de Bor se sont regroupées). Plus de 5 700 personnes ont déjà bénéficié de cette aide.

Identification et appui

Des travailleurs communautaires rendent visites aux personnes aux personnes vulnérables, qui n’ont pas accès aux services apportés par les organisations humanitaires, dans les camps de Juba (Juba 3/PoC) et à Mingkaman. Handicap International identifie ces personnes, évalue leurs besoins de base (accès à l’eau, à l’alimentation, à un logement) et spécifiques (notamment liés aux problèmes de vue), leur apporte un appui direct (soutien psychosocial, soins de réadaptation, distribution), ou les envoie vers d’autres acteurs capables de prendre en charge leurs besoins.

Nos équipes ont aussi distribué 567 kits de protection dans les camps de déplacés de Juba et de Mingkaman, où la situation sécuritaire est particulièrement préoccupante. Ces kits de protection sont destinés en priorité aux femmes. Ils contiennent une radio, permettant de donner des informations sur les mouvements dans les camps, une lampe torche et un sifflet, pour appeler à l'aide en cas de danger.

Distribution d’aides à la mobilité et de kits premiers soins

Grâce à ces béquilles, fauteuils roulants, cannes blanches et déambulateurs, les personnes handicapées vivant dans les camps peuvent se déplacer plus facilement, reprendre confiance en elles et participer à la vie de leur communauté. Les équipes de Handicap International ont distribué :

  • 1493 aides à la mobilité (déambulateurs, béquilles, fauteuils roulants, ...)
  • 687 kits d'assistance et produits non alimentairess (couvertures, ...)
  • 461 kits de soins (bandages, désinfectant, ciseaux, ...

Réadaptation

Une ergothérapeute et quatre kinésithérapeutes accompagnent les personnes blessées ou handicapées afin qu’ils puissent suivre des soins de réadaptation, et retrouver une autonomie. En adoptant les bonnes postures, en utilisant correctement les aides à la mobilité et en adaptant leurs mouvements à leur environnement, les personnes évitent ainsi de développer des handicap permanents.
L'ergothérapeute propose aussi des séances de psychomotricité pour les enfants handicapés ou avec un retard de développement, en particulier les enfants de moins de cinq ans.

Soutien psychosocial

Dans ce contexte de crise, de nombreuses personnes déplacées internes dans les camps de Juba et de Mingkaman souffrent de stress, d’anxiété et de dépression. Afin de leur permettre de surmonter leurs traumatismes, Handicap International a mis en place un groupe de soutien psychosocial et de conseil individuel. Selon l’animateur psychosocial, ce projet a permis de réduire l’anxiété des bénéficiaires et d’améliorer leur bien-être psychologique. Au total, 482 sessions de thérapie de groupe ont été organisées.

Soutien technique

A Juba, Handicap International a proposé une formation à des employés d'organisations partenaires s'occupant de la distribution d'eau, de l'hygiène et de l'assainissement du camp, pour que les structures du camp soient adaptées aux personnes handicapées.
Nos équipes ont également formé des partenaires pour évaluer les priorités des personnes handicapées et aux premiers secours psychologiques.

Nos équipes volantes

A la demande d’organisations partenaires qui souhaitent que leurs activités soient mieux adaptées aux personnes handicapées, Handicap International a mis en place cinq missions menées par son équipe volante d’experts, en collaboration avec d’autres organisations humanitaires[1] à Nimule, Yambio, Lankien, Maban et Yida.

  • 229 personnes handicapées ont eu accès aux services fournis par ces équipes volantes :
  • 1964 sessions de réhabilitation et psychomotricité ont été données par des équipes spécialistes de Handicap International ou d’organisations partenaires et
  • 170 membres de personnel d’organisations humanitaires ont suivi des formations afin de renforcer leurs compétences professionnelles et d’assurer un encadrement adapté aux personnes handicapées.
  • 246 aides à la mobilité ont également été distribuées aux structures de santé ainsi qu’aux personnes qui en avaient le plus besoin.

Intervention dans les pays frontaliers

Afin de venir en aide aux Sud Soudanais qui ont fui leur pays, Handicap International a décidé de mettre en place des actions dans les pays frontaliers.

Au Kenya, l’association mène un projet de services de réadaptation et d’inclusion, en partenariat avec l’organisation International Refugee Council (IRC), auprès des réfugiés Sud Soudanais dans le camp de Kakuma.
En Ethiopie, une équipe est occupée de lancer un projet pour venir en aide aux 160 000 réfugiés déjà présents.

[1] Notamment les organisations Save the Children, MSF Espagne, MSF Pays-Bas, Samaritans’ Purse et International Rescue Committee.

 

 

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